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Le pas de la discorde à la concorde : Le dialogue ou la non-violence.

Publié le par Johann Pouyé

    Ici vous pourrez lire, un petit texte, une petite fiction dans laquelle j’essaye d’évoquer quelques souvenirs de mon enfance et de la complicité que j’entretenais avec mon grand-père. Il a toujours essayé de me faire comprendre des choses simplement humaines, au moment où j’entrais en âge de raison.

    Cet écrit trouve son inspiration dans un contexte de tensions sociales ayant fait l'écho de l'Ile durant cet an de grâce 2009. Le  discours de mon grand-père sur la non-violence et le dialogue me revient à l’esprit. J’essaye ici d’imaginer le genre de conversation qui aurait pu se tenir à ce sujet entre un vieil homme comme lui et un garçon que j’aurai pu être vers 12-15 ans. Dans le style d'écriture ici, il y aura la  volonté de faire ressortir la façon dont mon grand-père s’exprimait, avec son français à lui, ses intonations, avec sa manière de parler posément, de toucher et faire entendre sa parole.

    Il y aussi la volonté de faire transparaître une certaine naïveté, une naïveté déguisée derrière un gamin qui parle avec son grand-père ; une manière d'essayer d'amener avec simplicité la lectrice ou le lecteur à peut être se poser certaines questions au bout du texte. Le païcï est une langue kanak parlée dans les villages de Ponérihouen, Poindimié, Koné, Poya.

 

Les personnages :

Abé : Un garcon de 12 ans, celui que j’étais peut être.

Ao : Un grand-père, qui aurait pû être le mien. C'est ainsi que l’on appelle en païcï notre grand-père.

Guè : La grand-mère en païcï. Elle aurait pû être la mienne aussi.

 

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- « Ooofffff ! Tu vois abé! Il y a des jours comme ça ! Un coup c’est boon, un coup c’est pas booon ! Ffff ».

    J’arrivais tout juste près de la véranda, essoufflé par la montée du petit col qui m’amenait à la maison où je vis avec mes grands-parents. A peine ai-je eu le temps de déposer mon cartable que le ronchonnement de grand-père me cueillait les oreilles.

- « Tu as dit quoi ao ? »

- « Nooon rien ! Rien ! J'étais entrain de parler tout seul ! » me répondit-il en riant.

    Il avait toujours des choses intéressantes à me dire le vieux. Je me sentais grandir en l’écoutant, en essayant de capter les bonnes choses derrière ce qu’il pouvait à chaque fois me raconter ou me confier.

    Là, il me regardait avec un sourire du coin de l'oeil, mais en même temps d’un air désolé. Que pouvait donc bien lui répondre un bonhomme de 12 ans derrière une réplique telle que « un coup c’est bon, un coup c’est pas bon ». Il riait encore et finit par toussoter sous la fumée de sa cigarette, une gauloise sans filtre.

    C’était mon tour. Je finis par rire de le voir ainsi pris dans les éffluves de son propre mégot fumant pendant qu’il continuait de me regarder.

- « Ben alors ao ! Ça va pas la tête toi aujourd’hui ou quoi ? T’es maboule ou quoi ? » lui lançais-je de plein rire.

    Et je riais encore.

    Finalement, nous en arrivâmes grand-père et moi à rire de concert. Il n’y avait plus de fumée de gauloise. Mais une légère brise qui annonçait la fin de la journée. Elle nous accompagnait en douceur dans ce moment de complicité. La chevelure des cocotiers et le feuillage des manguiers devant la maison dansaient sous les caresses de cette brise, comme pour nous accompagner aussi à leur manière dans ce moment jovial.

    La nature s’émerveillait de notre rigolade. Je riais de le voir qui n’en pouvait plus avec ses mains campées sur des crampes abdominales. Il en faisait autant en se rendant compte que je ne pouvais finalement rien comprendre à ce qu’il venait de dire : « un coup c’est bon, un coup c’est pas bon ».

 - « Eh Abé ! Va ranger ton cartable mon petit au lieu d’écouter les conneries à l’aut' là ! ».

     C’est grand-mère, avec le sourire aussi, qui me demande de prendre un peu de recul et d'aller ranger mes affaires d'école. De sa chaise, près de la porte de la cuisine, elle m’avait vu arriver et me retrouver nez-à-nez avec ao et son « un coup c’est bon …».

    Moi je ne l’avais pas vu en me posant sur la véranda et enchaînant avec la rigolade du grand-père. Par contre, je sentais déjà le bon parfum des ignames et des taros entrain de cuire dans du lait de coco.

    Sûrement qu’il y avait aussi du poulet pour accompagner les tubercules. Elle s’affairait déjà à préparer le repas du soir. On mangerait vers les 20 heures, devant le journal télévisé de Monsieur Gonzague. Grand-père apprécie toujours de regarder les nouvelles lorsque notre PPDA local présente le journal du soir sur RFO.

 - « Va te changer et met ton linge dans la bassine si c’est trop sale. Je vais tremper not' linge tout à l’heure avant d’aller dormir. Allez va ! Et il faut faire tes devoirs avant d’aller jouer ! » Reprit-elle.

     Il était tout juste 17 heures lorsque j’arrivais sur la véranda. Le bus scolaire babicar m’avait déposé vers les 16h50.

    A 18-19 heures, la nuit serait déjà là. Mais à 12 ans, à la tribu, on trouve toujours le temps de faire vite fait ses devoirs et d’aller trouver un peu la bande des cousins pour jouer jusqu’au coucher du soleil derrière nos montagnes vers l’ouest.

     Encore ce soir, je n’avais pas envie d’aller rejoindre les copains. C’était le grand-père d’abord. Mon cartable déposé, mon linge mis à la bassine au sale, j’ai de suite attaqué mes exercices de calcul pour le lendemain. Hop hop hop. Sur le papier, les chiffres c’était bon, mais au niveau calcul mental, ce n’était pas bon.  « Un coup bon, un coup pas bon » pensais-je. « Tiens ! Est-ce à ce genre de situation que faisait allusion grand-père tout à l'heure ».

     Je me suis pressé d’aller le retrouver sur la véranda pour discuter avec lui. Il fumerait ses gauloises et on parlerait jusqu’à ce que guè nous appelle pour rejoindre les autres autour de la potée du soir.

 - « Ao ! » Je le pris par surprise en arrivant dans le couloir de la maison et l’appelant dans son dos.

    Mon grand-père détestait ça ; Qu'on l'appelle à moins de deux mètres dans son dos. Il peut faire de sacrés bonds en sursautant. Heureusement, il était déjà bien calé sur sa chaise en plastique. Je dis bien SA chaise en plastique, à vrai dire même SON trône en plastique.

    Elle trônait là sur la véranda. On avait le droit de s’y installer qu’en son absence. Dès qu’il rentrait des travaux publics, il reprenait sa place en fin de journée après s’être débarrassé de son sac en bandoulière. Un sac qui sentait toute une panacée d’odeurs: celle de sa bouffe du midi, celle de l’odeur de la gauloise, et de l’odeur du cambouis, et même celle du chewing-gum. Tous les jours de la semaine, j’avais droit à mon chewing-gum. Je n’avais qu’à plonger ma main dans la même poche de son sac et je trouvais mon bonheur après l’école. Il savait très bien lorsque qu’il avait oublié de passer faire un saut à l’épicerie de Madame Chiquette.

    Madame Chiquette ! Une institution commerciale de mon village. Tous ceux qui travaillent aux TP ont un compte d’ouvert chez elle, pour se servir à crédit et régler la note en fin de mois avec la tombée du salaire.
    Je me suis posé sur le rebord de la véranda et lui me demandait pourquoi je n’allais pas retrouver un peu les cousins avant que la nuit ne tombe.

- « Ooooh, j’ai pas envie Ao ! ». Je repris aussitôt la parole,

- «  Ao, pourquoi tout à l’heure tu as dis un coup c’est booon, et un coup c’est pas booon ? »

- « Ooooh, j’ai dit ça comme ça, parce que tu étais là au moment où j’étais un peu entrain de penser aux autres là ! »

- « Mais qui les autres hein ? »

- « Ben ceux qui font la grève à Nouméa tout ça ! Ils z’ont bagarrés avec les gendarmes mobiles. J’ai écouté dans les nouvelles à la radio tout à l’heure en arrivant. C’est hier qu’ils z’ont fait ça les z’autres. Bé peut être on va voir tout ça tout à l’heure, à la télé dans le journal ».

 - « Rhaaa ! Je sais pas pourquoi qu’ils font ça ! ». Il reprenait après une bouffé de sa gauloise,

- « Les gendarmes ils ont balancé le lacrymogène sur les grévistes. Mais, eux les grévistes, ils z’ont lancé des bouts de fer, des cailloux, des bouts de bois. Il y’en a qui z’ont blessés dans les mobiles. Peut être aussi dans les grévistes y'a des blessés. Rhaaa ! Ca sert à rien de se taper dessus, pis fout' d' bodel comme ça. Pourquoi ils parlent pas ! Ché pas moi discuter un peu quoi ! Comme ils z'ont fait déjà pour les z’autres grèves d’avant. Et pis les zautes là avec leur gaz là ! C'est encore un machin à fout' un cancer du poumon à tout le monde qui respire ça là ! Ca brûle les yeux ce poison là ! Tu sais la moutarde là que je t'ai fait gouter une fois là avec la viande de steak ... tu avais mal aux yeux et au nez ! Eh ben c'est la même chose, mais en pire encore, ouuuh pire, pire encore, comme si on avait renversé une cuillère de moutarde dans ton nez et sur tes yeux ! Normal que z'ont énervés les z' autes de la grève là ! Faut juste que leur chef ils parlent entre eux au lieu d'envoyer des gens et des mobiles se bagarrer à leur place. Fffff ».

- « Wéééé, mais ils z’ont déjà essayé de parler kaa ! Kiarrrr ! " C’était guè ma grand-mère, semble-t-il toute installée sur ses grands chevaux.

    Elle nous écoutait de la porte de la cuisine et tenait à ajouter son mot dans notre discussion.

- « Ils z’ont déjà essayé de parler les responsables tout ça, mais le kupénon le haut commissaire là, ben comme ça bloque là avec tous les barrages, il a dit aux gendarmes : allez, faut tout bloquer tout ça ! Fini ! Ben les gens, ils sont fatigués maintenant de toutes les grèves là ! Ah lui pas pinailler ! Il l’a dit, pas de laxime, fini ! Aaaah il rigole pas en plus le nouveau kupénon là ! », a-t-elle lancé d’un grand air.

    Je sentais monter en elle la tension avec le mouvement brusque de ses mains où se logeaient une écumoire et une fourchette. Elle c’est tout le contraire de mon grand-père. Lui est toujours calme et posé dans une discussion. Je redoutais juste que l'écumoire et la fourchette ne filent de ses mains si on la contrariait.

- « Ooooh mais tu dis quoi toi ! C’est pas laxime, c’est laxisme ! Laxiiiizzzme ! Faut nâ gâ prononcer ï zède. Et pis tu connais pas au fond les raisons pourquoi y'a toutes les grèves là ! » Reprit mon grand-père.

 - « Non, mais gô gnââ tèpo inâ kaaa ! Je dis juste seulement que y’a trop les grèves là ! » lui lança grand-mère avec ses ustensiles toujours en main.

    Grand-père reprit la parole,

- « Vous savez au fond ! Si les z’autres là, ils font ça, ben c’est soit parce que il y a sûrement de l’injustice et justement la grève, ben c’est fait pour dire ça ! Pour que nous là on va prendre conscience de tous les problèmes là maintenant, en ce moment et pas attendre que ça nous retombe dessus demain ou après demain. Ils vont pas faire la grève pour faire joli quand même ! ».

    Il se tourna de mon côté et me tint ces propos,

- « Tu sais abé ! Avant de not’ temps, on avait les problèmes pour dire les choses. C’était pas facile pour nous de parler comme ça et dire l’injustice. On ne contestait pas comme ça. On avait la trouille des gendarmes. Et pis, on n’a pas été loin à l’école comme vous maintenant vous pouvez. Toi tu vas pouvoir aller loin peut être à l’école. Il y a des choses comme ça, ben nous on n’a pas conscience que c’est des problèmes ces choses là. Mais tu vois ! Aujourd’hui, on est dans les années 2000. Ben on sait parler ! On peut tenir tête ! On peut parler et faire un discours pour dire que l’on n’est pas d’accord devant des gendarmes par exemple. Tu vois tes tontons là et tes tantines là, tes parents, ben ils z’ont été loin à l’école par rapport à moi, jusqu’à même en France pour faire les grandes études là. Ils sont là maintenant ! Ils ont compris beaucoup de chose qui ne vont pas et ils parlent ! C'est fini de fermer sa bouche. Ils savent parler avec les gendarmes tous ça. Justement, les grèves là qu’ils font, c’est pour amener tout le monde à s’asseoir pour discuter et régler les problèmes. Normalement, si tout le monde se parle, et si tout le monde s’écoute, et si tout le monde accepte de faire des gestes chacun de son côté … tu sais ce qu’on appelle les compromis là … ben tout doit bien se passer. Mais là ! On dirait que personne ne s’écoute, que personne ne parle. Il y a des gens dans la grève qui z’ont peut être été faire les études en France. Eux ils peuvent essayer de discuter et aider pour que les grévistes se fassent entendre. Mais non. Pffff. Personne ne s'écoute. Tout le monde se rivalise maintenant. Tout le monde se manipule maintenant ».

    Il se fût un silence pendant quelques minutes. Comme pour m’amener à ruminer les choses qu’il venait de dire et à y prendre du recul. Il prit son temps et reprit la parole aussitôt sa bouffé de gauloise expirée,

- « Il faut qu’ils mettent bien les choses à plat, par terre, et qu’ils fassent bien la distinction dans les problèmes qu’y a dans la grève là. Tu sais dans la grève là, il y a des problèmes de coutume, des problèmes de conflit personnel, des problèmes de politique, des problèmes sociaux, économiques… Enfin des trucs comme ça quoi ! Mais, c’est trop mélangé là. Y’a trop de choux et en plus y’a trop de carottes. En plus, ils ne s’écoutent pas vraiment. Les grévistes avec les autres qui sont contre eux. Les autres qui sont contre les grèvistes aussi. Ils ne s'écoutent pas entre eux. Chacun de leur côté, ils veulent avoir le dernier mot et ne s’écoutent plus. C’est pour ça qu’ils arrivent à devenir violents comme ça les grévistes et les mobiles avec les lacrymogènes. Quand on a plus les mots pour dire les choses, ben c’est les mains et les insultes qui viennent pour prendre la suite. Personne n’écoute et ne se comprend, personne ne se parle, ben voilà … C’est la violence.

    Ça moi je ne comprends pas ! Tu sais, vieux comme je suis maintenant, j’ai toujours dit ça sert à rien de se taper sur la gueule. A un moment donné, je dis qu’il faut savoir mettre not’ fierté de côté pour s’écouter, pour prendre le temps de se parler. En plus, vous maintenant, vous avez appris et vous allez continuez d’apprendre à pouvoir parler avec des bonnes idées, avec des bons arguments là ! Vous allez être au même niveau pour pourvoir parler avec tout le monde. Mais une chose : si vous ne savez pas faire preuve d’humilité dans l’écoute, dans l’esprit d’ouverture et de bonne foi, c’est la violence qui sera toujours là pour vous dire ce que vous aurez à dire et à faire. Mais la violence abé ! Ah la violence appelle la violence. C'est comme ça. Pas besoin de faire polytechnique pour comprendre ça. Peut-être que éviter de passer par là, c’est pas possible de faire autrement. Mais les choses qui se sont passées dans l’histoire nous disent que l’on peut aussi faire autrement si on s'efforce de s'écouter et réfléchir ensemble. C'est possible ».

    Après un instant à l’écouter parler, je me résolu à le laisser encore dire ces quelques mots. Même guè ne disait pas mot. Il reprit,

- « Vous savez lorsqu’il pleut, quand le tonnerre gronde et que le vent souffle dans tous les sens, il faut apprendre à rester humble, à écouter le tonnerre, le vent et l’eau qui ruisselle. Il faut apprendre à écouter ce qu’ils ont à nous dire. Il faut apprendre à ressentir les vibrations des gouttes de pluie qui se retrouvent violemment sur nos toits. Il faut apprendre à laisser le vent souffler et faire son chemin parmi nos maisons, nos sapins et les palmes de nos cocotiers. Nous devons faire un compromis avec ces forces là. C’est de laisser les choses se montrer sous nos yeux, se montrer dans nos oreilles. C’est de ne pas faire barrage à toutes ces choses. Sinon on risque de se blesser et d’être emporté pour de bon dans la violence des flots et du souffle. Il faut apprendre à mettre de côté la fierté d’homme, celle qui fait de nous des responsables, des chefs, des hommes grands, et tout simplement se poser, écouter et parler. La violence dans nos attitudes mais aussi dans nos gestes, ça ne sert à rien ! A rien ! ».

    Il balança son mégot dans la boîte de lait sunshine qui lui servait de cendrier, en lançant ces mots du côté de guè ma grand-mère,

- « Guè kërë, é djè tèpwo commencé ï journal nâ télé ! ».

    Le journal télévisé allait effectivement bientôt commençer. Mais il souhaitait plutôt que l’on s’active à passer à table et voulait savoir si le bougna marmitte était prêt. Malins sommes nous quand la faim nous tient !

    J’avais entendu son ventre qui gargouillait au moment où il disait que la violence ne servait à rien. Pour faire bonne impression devant la grand-mère, ou peut être pour éviter qu'une écumoire se transforme en projectile, il se proposait tout de même d'être de corvée pour appeler les autres à nous rejoindre à table.

    Encore ce soir, avant de me lever de la véranda et d’aller servir dans mon assiette un morceau d’igname, un morceau de taro et du poulet, avec un peu de sauce au lait de coco et un soupçon de sauce maggi, je me dis à moi-même que « Les cousins, je les rejoindrai peut être demain ou peut être après demain. J’ai tout le temps pour eux. Mais de moins en moins pour ao et guè ».
    Je serai volontier revenu m'asseoir de nouveau avec mon assiette contre le poteau de la véranda et discuter avec ao. Mais ce soir là, c'est notre PPDA local qui présente les nouvelles de 20 heures. Ao ne décollerait pas de la table, même s'il fait une chaleur pesante dans la pièce à manger.
    Monsieur Gonzague est à l'antenne. Un silence solennel s'installe. On ne pourra se parler qu'une fois le journal télévisé terminé.
- « Euh ao ... ??? » à peine ai-je pu prononcer.
- « Rhaaa. Chaaa shuut. Pas parler !! Ooh lala! ». Ma grand-mère à sa manière qui voulait me signifier que le journal avait déjà commencé.
    Je le savais très bien et je ne cherchais pas à faire une collection d'écumoires d'ailleurs. Je voulais juste savoir pourquoi ao avait oublié mes chewing gum wrigleys. Je venais juste de retirer ma main de son sac en bandoulière. J'avais promis d'en ramener à l'école à mon grand copain pour demain. La poche de son sac où je les trouve habituellement était vide.

 

Johann Pouye

Grenoble, le 05 août 2009.

 

 

 

 

 

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